L’école des Beaux-Arts de Hanoï et le prix d’Indochine

La peinture moderne vietnamienne se développe avec la création de l’École des Beaux-Arts d’Hanoï par la France en 1925.

De nombreux peintres français arrivent en Indochine dés la fin du XIXe siècle ; ils ont pour mission de faire connaître la culture française au Vietnam et aussi de faire découvrir aux français de métropole la lointaine Indochine.

En 1910 le gouvernement français systématise la venue des peintres français avec la création du Prix d’Indochine. Dans un premier temps il offre une bourse de voyage et une gratuité de voyage aller/retour . A partir de 1926 le boursier doit partir deux années consécutives : la première est consacrée au voyage d’études dans la colonie et pour cela il reçoit 400 piastres par mois* ; la deuxième année, il a une obligation d’enseigner à l’École des Beaux-Arts du pays.

Le premier lauréat sera Ferdinand Olivier en 1910.


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Angkor Vat par Ferdinand Olivier


Raymond Virac obtient ce prix en 1927 et il devient alors professeur aux Beaux-Arts d’Hanoï. Les cours y sont organisés sur le modèle des cours de l’École Nationale Supérieure des Beaux-Arts de Paris avec pour mission d’associer les traditions vietnamiennes et l’art occidental.

Raymond Virac, comme un certain nombre de ces artistes, participera à la vie culturelle de cette colonie : expositions, décoration de nombreux bâtiments publics, commandes privées de tableaux…

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Raymond Virac

Les artistes ayant obtenu ce prix et ayant bénéficié d’une mission participeront aux côtés des artisans des Écoles d’Arts Appliqués de Cochinchine et des premiers élèves de l’École des Beaux-Arts d’Hanoï au Salon des Artistes Français d’Indochine à l’Exposition de 1931 à Paris. Ils seront installés au premier étage de la structure qui reconstitue le temple d’Angkor Vat réalisé par les architectes Blanche, père et fils.

Raymond Virac, pour sa part, y exposera «  Le port de Saïgon », « L’enfant annamite », «  Femme du Tonkin », « Petite fille de Nam Dinh ».

Il exécute deux commandes pour l’État : « Plaine indochinoise » et « La rizière », panneaux ensuite expédiés à Hanoï pour décorer un édifice public.

* En 1925/27  1 piastre équivalait à peu près à 2,20 euros actuels.

Source : « L’Indochine : un lieu d’échange culturel », Nadine André-Pallois