Au début du XXe siècle le Pays Basque devient très à la mode et attire rois, hommes politiques, banquiers, artistes, grâce à son climat, ses bains de mer et ses traditions. C’est à ce moment-là que Ciboure voit affluer un grand nombre de peintres sans doute parce que l’endroit demeure un village de pêcheurs et donc un ancrage dans la culture locale populaire et la tradition maritime ; sans doute aussi parce que s’y trouve déjà le peintre Gustave Colin qui, natif d’Arras, a épousé une fille du pays et consacre l’essentiel de son œuvre à la région. Le foyer des activités se concentre essentiellement tout au long de la rue Pocalette et de nombreux artistes séjournent à la pension Anchochury, située Quai Maurice Ravel, pension qui depuis a cessé son commerce.

Rue_Pocalette_2             Ciboure_maison_natale
Rue Pocalette                         Raymond Virac
carte postale ancienne                   maison familiale      

Pourquoi les Neuf ?

La création par José Arrue et Ignacio Zuloaga, entre autres, à Bilbao, cœur artistique du Pays Basque espagnol, de AAV (Asociación de Artistas Vascos) pour promouvoir la peinture basque donne des idées de ce côté des Pyrénées. Ainsi naît un groupe de neuf artistes prêts à réunir leurs talents et leur énergie pour peindre, chacun avec sa sensibilité, des œuvres résolument régionalistes.

Par ordre alphabétique on y trouve :   

Arrue Ramiro
Choquet René
Colin Charles
Domergue Jean–Charles
Godbarge Henri
Labrouche Pierre
Masson Georges
Ribera Perico
Virac Raymond

On ne peut pas vraiment parler de mouvement artistique basque mais chacun de ces artistes contribuera, à sa façon, à promouvoir la peinture régionaliste basque. Ramiro Arrue domine incontestablement le groupe de par ses origines et sa profonde connaissance de la culture basque ainsi que Perico Ribera, espagnol d’origine et infatigable voyageur qui s’installe définitivement à Ciboure en 1930.

Plus étonnante est la présence dans le groupe de Henri Godbarge, architecte de formation, un des plus recherché sur la Côte Basque dans la période de l’entre deux guerres.

Le benjamin du groupe, Raymond Virac est lui aussi attaché à Ciboure par son mariage ; il exposera avec les Neuf mais aussi au Musée Basque de Bayonne avec Masson.



Virac_StJean
Raymond Virac
St Jean de Luz
depuis le quai de Ciboure

source : « Un siècle de peinture au Pays Basque » 1850/1950 ; Alexandre Hurel, Michel Jaureguiberry. Editions Pimientos.