MADAGASCAR : UN PEU DE GÉOGRAPHIE

Au Sud de l’équateur, la 5e île du monde est séparée de l’Afrique par le canal du Mozambique. La Grande Ile, parfois appelée « l’Ile Rouge »en référence à la latérite qui colore les hauts plateaux, s’étire sur 1580 km du nord au sud et sur 700 km d’est en ouest.

Elle est sous l’influence des alizés et de la mousson. Il existe deux saisons : la saison chaude, celle des pluies, de Novembre à Avril et la saison sèche, saison fraîche, de Mai à Octobre.

L’originalité de l’île réside dans son extrême diversité : la variété du relief et du climat favorise la biodiversité de la faune et de la flore.

Les hautes terres, favorisées par la douceur du climat deviennent une colonie de peuplement.

Diego Suarez, au Nord devient la plus importante base militaire protégeant la route vers l’Indochine.

Carte de l’île à l’adresse : http://www.madascope.com/cartes/carte-mada-4.gif

CONTEXTE HISTORIQUE

Le XIXe siècle se résume en une longue lutte d’influence entre l’Angleterre et la France jusqu’en 1896, date à laquelle l’île devient protectorat français puis colonie ce qui nécessitera une longue période de pacification menée par Galliéni puis Augagneur. La première guerre mondiale va toucher la jeune colonie en plein développement.

De 1930 à l’avènement du Front Populaire en 1936 le climat se détériore à Madagascar surtout dans les grandes villes ; ceci amène l’état français à introduire quelques timides réformes qui ne vont pas satisfaire les Malgaches qui aspirent à de profonds changements et à la définition de nouveaux rapports entre colonisateurs et colonisés.

En 1942, deux ans après la débâcle française face à l’Allemagne, l’Angleterre envoie un corps expéditionnaire. Un an plus tard elle remet le contrôle de l’île au gouvernement de la France Libre. En 1946, Madagascar obtient le statut de territoire français d’Outre mer et est dotée d’une assemblée provinciale élue mais aux pouvoirs limités.

C’est pendant cette période trouble que Raymond Virac, Prix de Madagascar 1936, va commencer un séjour qui doit durer deux ans mais qui, en réalité, en durera dix et ne se terminera qu’à sa mort brutale en 1946.

Sources : L’empire triomphant, 1871/1936 ; J Martin ; éditions Denoël, 1990

Les africanistes peintres voyageurs ; Lynne Thornton ; ACR édition, 1990

LE CONTEXTE ARTISTIQUE

À la suite du succès remporté par l’Exposition Coloniale de Marseille en 1906, le gouverneur français décide de dresser un inventaire de l’art et de l’artisanat dans ses colonies. C’est le peintre Louis Dumoulin qui en deux mois doit dresser celui de Madagascar et c’est lui aussi qui réussit à convaincre les colons blancs d’encourager « la floraison de la peinture ». Selon Hemerson Andrianetrazafy : « les européens avaient l’impression que plus les images de Madagascar se répandraient plus les relations commerciales et le tourisme en bénéficieraient ».

Dumoulin est à l’origine de la création des bourses de voyage à Madagascar pour les membres de le Société Coloniale des Artistes Français et donc du Prix de Madagascar dont on fixe les modalités à l’image de celles du Prix d’Indochine : les lauréats sont tenus de donner des cours à l’École des Beaux Arts de Tananarive qui fonctionnera pendant les années 30. La première lauréate sera Suzanne Frémont en 1921. En 1930 le gouverneur Cayla va créer le Salon Annuel de Madagascar ou Salon des Artistes Malgaches qui se tiendra jusqu’en 1939. Il crée également les Ateliers d’Arts Appliqués dans lesquels les élèves s’essaient aussi bien aux divers artisanats qu’à la sculpture et aux arts graphiques.

À partir de 1931 on augmentera la bourse allouée aux lauréats du Prix de Madagascar et on s’efforcera de sélectionner des artistes confirmés et voyageurs avertis. Ainsi les deux artistes qui obtiendront ce prix en 1936 et 1937, à savoir Raymond Virac et Lucien Lièvre, avaient remporté dans les années 20 le Prix d’Indochine et avaient donc enseigné à Hanoï.

Raymond Virac, plutôt en rupture avec l’air du temps, a une approche très personnelle de sa mission : « J’ai fait des peintures pour les Malgaches » aimait-il dire. D’ailleurs, succombant aux charmes de l’île, il décide de rester après l’expiration de son contrat et collabore avec l’artiste Rabemanantsoa à la réalisation de quatre fresques qui décrivent la vie malgache et qui sont destinées à l’Hôtel de Ville de Tananarive.

Raymond Virac étant mort à Tamatave, il est difficile de retracer son parcours et sa production artistique pendant son long séjour sur l’île. Pas ou peu d’œuvres ont été retournées à la famille. Il y a quelques portraits de familles françaises, sans doute des commandes de particuliers à leur compatriote.

La famille de Monsieur Robin administrateur de district :

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Arlette et Jacqueline Bourgoin :

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Le jeune Guy Henry :

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