Raymond Virac

17 mars 2013

24 Exposition à CIBOURE

2012 À CIBOURE – CHAPELLE DES RÉCOLLETS

En 2007 la mairie de Ciboure rachète le couvent des Récollets et, à partir de 2009, elle y organise chaque été une exposition de peinture en l’honneur des peintres ayant célébré le Pays Basque.

Ainsi a-t-on pu découvrir en :

  • 2009 : Femmes Peintres et Femmes Peintres en Pays Basque ;
  • 2010 : Les jeux et fêtes en Pays Basque ;
  • 2011 : Tables et tableaux en Pays Basque.

En 2012 c’est au tour des « Peintres de Ciboure au temps de Maurice Ravel » d’avoir les honneurs de l’ancienne chapelle des Récollets.

Ciboure2012

 

Le temps d’une exposition, six des amis du Groupe des Neuf ont été encore une fois réunis.

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Ces artistes, dans les années 20, avaient décidé de réunir leur talent et leur énergie pour peindre, chacun avec sa sensibilité, des œuvres résolument régionalistes.

Ainsi figuraient dans cette exposition :   

  • Ramiro ARRUE et ses « Joueurs de pelote » ;
  • René CHOQUET et ses « Maisons basques » ;
  • « Les ruines de Bordagain »de Charles COLIN ;
  • « Les tricoteuses » de Georges MASSON ;
  • Perico RIBERA avec « Larraldenia » ;
  • Raymond VIRAC nous fait découvrir  «L’église de Ciboure » et « Une rue du port ».

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 Raymond Virac - Ciboure

 

 

 

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31 août 2012

23 EXPOSITION À MADAGASCAR

L’EXPOSITION

Elle se tient dans les locaux du Nouvel Hôtel des Postes de Tananarive du 20/12/1936 au 5/01/1937. Elle compte une trentaine de portraits en couleur ou en noir et blanc, œuvres réunies sous le titre « Races et Visages de Madagascar ».

L’exposition vue par la presse :

 «  C’est dans les vitrines de la nouvelle poste que Raymond Virac, prix de Madagascar 1935, expose les œuvres qu’il a rapportées d’un récent voyage dans l’île.
L’artiste nous montre une trentaine d’études de types des diverses races qu’il a visitées. La sincérité et la vigueur avec lesquelles il a traité ces sujets difficiles nous font bien augurer de ce qu’il tirera des paysages variés de l’île lors d’une autre exposition. Les belles études qu’il nous présente possèdent, en dehors de leur propre valeur artistique, un grand intérêt documentaire.
On nous dit que Raymond Virac a l’intention de le faire éditer sous forme d’album. Les procédés actuels de la reproduction en couleur permettraient de le reproduire fidèlement avec toutes les qualités d’observation, de dessin et de coloris. Ce serait un excellent document pour les ethnologues et tous ceux qui s’intéressent à Madagascar. 
La Dépêche de Madagascar, 30/12/1936

 « Je ne connais, de Raymond Virac que ce qu’il expose au Nouvel Hôtel des Postes … cela suffit pour se faire une idée de son « sens de l’homme » qualité que l’on ne rencontre pas couramment chez nos artistes.
Dans ces portraits ramenés du sud, il n’y a pas seulement une traduction du visage qui se présentait à lui pour être fixé sur la toile selon la sensibilité de l’artiste. Il y a un dépouillement de ce dernier, dans les limites obligées de cette sensibilité, afin de ne pas trahir l’homme même dont il rend l’image. Quand il en a eu le temps il a reconstitué le paysage qui restitue au personnage le cadre indispensable à sa compréhension. Tels les portraits de Tsilesy à Ampanhy, Tambelo de Fort Dauphin et Kaova la femme tanosy.
Les portraits de R Virac représentent donc un intérêt documentaire de premier ordre dû à une volonté dont le scrupule ne saurait être trop loué. »
Tanachronique, La Madécasse, 21/12/1936

 

  

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03 août 2010

22 Du voyage à l'exposition

Les articles retrouvés dans la presse de l’époque permettent de suivre Raymond VIRAC sur les chemins de l’île et dans son approche du peuple malgache à travers ses ethnies.

Le tracé du voyage initiatique de Raymond VIRAC est le suivant :

Départ de Tananarive pour gagner Mananjary et Manakara.

Itinéraire sur la côte est jusqu’à Farafangana et arrivée à Fort Dauphin en passant par l’intérieur des terres via Ivohé, Ihosy, Boroka.

Route vers Tulear en passant par Faux Cap, Ambovombé.

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Source: http://www.lib.utexas.edu/maps/islands_oceans_poles/madagascar_ethnic_76.jpg

Visite circulaire aux ethnies Tanala, Antaimoro, Bara, Antanosy, Antandroy et aux Vezos.

  • Les Tanalas : « ceux de la forêt » vivent sur les Hautes Terres autour de Ranomafana, près de la côte est.  Leur mode de vie s’adapte à leur environnement : chasse, pêche, cueillette…. Ils sont réputés pour leur grande connaissance des plantes médicinales.
  • Les Antaimoro : « ceux du rivage » occupent la côte est entre Mananjary et Manakara ; ils ont apporté entre autre la confection du papier à base de fibres végétales utilisé aujourd’hui dans la décoration.

  • Les Bara : peut être d’origine Bantoue, ils habitent sur les plateaux inférieurs du Centre-Sud.

  • Les Antanosy : « ceux de l’île » vivent essentiellement sur un îlot près de Fort Dauphin et vivent de la pêche et sont d’excellents riziculteurs.

  • Les Antandroy : « ceux des épines » sont regroupés dans l’extrême sud ; ils vendent du charbon et fabriquent des bijoux en argent.

  • Les Vezos  ou « nomades de la mer » se situent entre Morombé au nord et Tulear au sud ; ils sont d’excellents marins et pêcheurs qui vendent le produit de leur pêche généralement séché et fumé.

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27 février 2010

21 Madagascar : entretien avec Raymond Virac

LE MADÉCASSE : vendredi 11 décembre 1936

Le Madécasse, journal trihebdomadaire illustré malgache, a réalisé un long entretien avec Raymond Virac au retour de son périple à travers l’île et avant l’exposition qu’il va proposer à Tananarive.

En voici la retranscription qui témoigne de la révélation que fut la terre de Madagascar pour le peintre, dés les premiers moments passés sur l’île, et annonce le lien profond qui les unira jusqu’à sa mort, 10 ans plus tard, à Tamatave.

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Races et travaux du Sud, avec Raymond  VIRAC

« Trois mois moins une semaine exactement. Mais ce n’est pas trois mois. C’est six mois, un an qu’il faut vivre pour connaitre ce merveilleux sud d’où je reviens, hélas beaucoup trop vite. »

Mais de ces trois mois de voyage, Raymond VIRAC  a rapporté une extraordinaire moisson de dessins et de peintures.

Surtout des portraits d’hommes et de femmes, fiers, farouches, celui-ci au visage dur cet autre au contraire nostalgique, celle-ci mélancolique, celle-là sensuelle. Dans tous ces visages ressuscités sur le papier, VIRAC a recréé toute une sensibilité, l’âme revivant sur le papier immobile.

« Pour un peu, je les laissais sur le chemin du retour, chez tous ceux qui les voyaient et qui voulaient les garder. Je ne pourrai satisfaire tout le monde que si le projet que j’ai en tête aboutit. En faire un album en  trichromie de 40 à 50 planches format 40 x 50, que j’appellerai : « Races de Madagascar ». Ce serait, je crois, un travail très utile car il n’existe pas de recueil de ce genre. »

« Par tous les traits que j’ai pu fixer et que vous avez vus, par toutes les observations que j’ai faites pendant mon voyage, il est facile de se rendre compte que ce n’est pas là une race africaine mais des types venus de la Malaisie et de l’Océanie. Avec le Père Priolet, je suis convaincu que ces hommes sont venus par mer de l’Inde et des îles malaises et polynésiennes. »

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Raymond Virac
Maremana
Danseur Bara
Ivohibé

« À ce propos, j’ai fait des observations curieuses sur le passage des français à Fort Dauphin. J’ai rencontré chez les Tanosy d’authentiques types bretons aux yeux bleus. Dans plusieurs villages, ils vénèrent encore des tombeaux de femmes blanches : leurs ancêtres, répondaient-ils au chef de district, M. Robin, avec qui je voyageais. Ce sont évidemment les tombeaux de ceux qui s’étaient installés Fort Dauphin depuis Flacourt et même avant. »

Sérénité :

« Malgré nos efforts, dans quelle belle indifférence sociale vivent tous ces hommes ! À tel point que leur vie nous prend tout à fait. Au début, vous leur faites peur, mais quand la glace est rompue, leur spontanéité vous enchante. Et on se demande, à se retrouver dans toutes les querelles de la ville, si cette indifférence n’est pas la plus raisonnable… »

« Pour parler tourisme, je crois qu’il y a quelque chose à faire dans ce sens. Les nuits ont une splendeur inimaginable. Je me souviens, avec une netteté particulière, des très belles danses d’Ampanihy. Dans le clair de lune, le jacassement des cases, le tam-tam et les danses créent une atmosphère d’un charme extraordinaire. Je revivais tout à coup l’émotion passionnée dans laquelle me jetaient mes livres d’enfant au récit des voyages et des explorations aux pays perdus, dans des contrées fabuleuses que je ne situais même pas tant elles étaient lointaines. Images fugitives, car il faut des mois pour bien connaître toute cette vie prenante… »

Le charme de Madagascar : quelle impression vous a fait  dans l’ensemble Madagascar ?

« Quelles impressions, vous voulez dire ? J’y ai trouvé des pays profondément différents les uns des autres. Mutsamudu et Nosy-bé ont tout le charme des paysages tahitiens. Quelle différence entre la brousse tropicale du nord et de l’est et la brousse brûlée du sud ! Fianarantsoa m’a fait la même impression que Bagnères-de-Bigorre. Tananarive ressemble encore plus à une ville de France sillonnée par des hirondelles blanches. À ce propos comme j’engage les Malgaches à ne pas chercher une imitation des Européens, à rester eux-mêmes, à conserver leur originalité propre comme chaque race possède la sienne dans le monde. Comme je le disais à mes élèves, ils ne créeront quelque chose que grâce à leur sensibilité propre, tellement différente de la nôtre, nous qui avons un rapport séculaire dans chaque domaine de notre activité artistique. »

L’artisanat malgache : il faut le décentraliser.

« Cet artisanat, je pense qu’il ne suffit pas de l’aider à Tananarive. Il faudrait procéder à une décentralisation résolue pour ne pas laisser perdre par exemple les statuettes du sculpteur de Ihosy qui va mourir sans élèves. La sculpture sur bois a cependant de larges possibilités. Et je citerai aussi les tapis de haute laine, pour lequel on développe l’élevage de la chèvre mohair. Il serait facile de créer  des centres où l’on travaillerait cette laine. Le coût des métiers serait peu élevé… »

El Dorado : que rapportez-vous d’autre de votre voyage dans le sud ?

« Que n’ai-je pas rapporté, vous voulez dire ! Ce pays est beaucoup plus riche qu’on ne croit. J’ai vu à Ampahiny des femmes portant des paniers pleins de grenats ramassés dans le lit des rivières et payés un franc les vingt kilos. J’ai visité les « toby » (les campements) où on exploite un mica de toute beauté dont on fait aujourd’hui des bougies pour avion. Et le charbon de la région de Sakoa, qu’on peut enlever comme en Indochine par le haut, région où je pense on ne peut tarder à construire un chemin de fer. »

« Pour l’agriculture, c’est la même chose. J’ai vu, sur cette terre qui parait ingrate des cultures remarquables. À 60 kilomètres de Betroka … 600 hectares de rizières ont été créés, irrigués par une digue de 4 kilomètres… »

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Raymond Virac
Kasambo
Danseur Antatsimo

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24 octobre 2009

20 Madagascar

MADAGASCAR : UN PEU DE GÉOGRAPHIE

Au Sud de l’équateur, la 5e île du monde est séparée de l’Afrique par le canal du Mozambique. La Grande Ile, parfois appelée « l’Ile Rouge »en référence à la latérite qui colore les hauts plateaux, s’étire sur 1580 km du nord au sud et sur 700 km d’est en ouest.

Elle est sous l’influence des alizés et de la mousson. Il existe deux saisons : la saison chaude, celle des pluies, de Novembre à Avril et la saison sèche, saison fraîche, de Mai à Octobre.

L’originalité de l’île réside dans son extrême diversité : la variété du relief et du climat favorise la biodiversité de la faune et de la flore.

Les hautes terres, favorisées par la douceur du climat deviennent une colonie de peuplement.

Diego Suarez, au Nord devient la plus importante base militaire protégeant la route vers l’Indochine.

Carte de l’île à l’adresse : http://www.madascope.com/cartes/carte-mada-4.gif

CONTEXTE HISTORIQUE

Le XIXe siècle se résume en une longue lutte d’influence entre l’Angleterre et la France jusqu’en 1896, date à laquelle l’île devient protectorat français puis colonie ce qui nécessitera une longue période de pacification menée par Galliéni puis Augagneur. La première guerre mondiale va toucher la jeune colonie en plein développement.

De 1930 à l’avènement du Front Populaire en 1936 le climat se détériore à Madagascar surtout dans les grandes villes ; ceci amène l’état français à introduire quelques timides réformes qui ne vont pas satisfaire les Malgaches qui aspirent à de profonds changements et à la définition de nouveaux rapports entre colonisateurs et colonisés.

En 1942, deux ans après la débâcle française face à l’Allemagne, l’Angleterre envoie un corps expéditionnaire. Un an plus tard elle remet le contrôle de l’île au gouvernement de la France Libre. En 1946, Madagascar obtient le statut de territoire français d’Outre mer et est dotée d’une assemblée provinciale élue mais aux pouvoirs limités.

C’est pendant cette période trouble que Raymond Virac, Prix de Madagascar 1936, va commencer un séjour qui doit durer deux ans mais qui, en réalité, en durera dix et ne se terminera qu’à sa mort brutale en 1946.

Sources : L’empire triomphant, 1871/1936 ; J Martin ; éditions Denoël, 1990

Les africanistes peintres voyageurs ; Lynne Thornton ; ACR édition, 1990

LE CONTEXTE ARTISTIQUE

À la suite du succès remporté par l’Exposition Coloniale de Marseille en 1906, le gouverneur français décide de dresser un inventaire de l’art et de l’artisanat dans ses colonies. C’est le peintre Louis Dumoulin qui en deux mois doit dresser celui de Madagascar et c’est lui aussi qui réussit à convaincre les colons blancs d’encourager « la floraison de la peinture ». Selon Hemerson Andrianetrazafy : « les européens avaient l’impression que plus les images de Madagascar se répandraient plus les relations commerciales et le tourisme en bénéficieraient ».

Dumoulin est à l’origine de la création des bourses de voyage à Madagascar pour les membres de le Société Coloniale des Artistes Français et donc du Prix de Madagascar dont on fixe les modalités à l’image de celles du Prix d’Indochine : les lauréats sont tenus de donner des cours à l’École des Beaux Arts de Tananarive qui fonctionnera pendant les années 30. La première lauréate sera Suzanne Frémont en 1921. En 1930 le gouverneur Cayla va créer le Salon Annuel de Madagascar ou Salon des Artistes Malgaches qui se tiendra jusqu’en 1939. Il crée également les Ateliers d’Arts Appliqués dans lesquels les élèves s’essaient aussi bien aux divers artisanats qu’à la sculpture et aux arts graphiques.

À partir de 1931 on augmentera la bourse allouée aux lauréats du Prix de Madagascar et on s’efforcera de sélectionner des artistes confirmés et voyageurs avertis. Ainsi les deux artistes qui obtiendront ce prix en 1936 et 1937, à savoir Raymond Virac et Lucien Lièvre, avaient remporté dans les années 20 le Prix d’Indochine et avaient donc enseigné à Hanoï.

Raymond Virac, plutôt en rupture avec l’air du temps, a une approche très personnelle de sa mission : « J’ai fait des peintures pour les Malgaches » aimait-il dire. D’ailleurs, succombant aux charmes de l’île, il décide de rester après l’expiration de son contrat et collabore avec l’artiste Rabemanantsoa à la réalisation de quatre fresques qui décrivent la vie malgache et qui sont destinées à l’Hôtel de Ville de Tananarive.

Raymond Virac étant mort à Tamatave, il est difficile de retracer son parcours et sa production artistique pendant son long séjour sur l’île. Pas ou peu d’œuvres ont été retournées à la famille. Il y a quelques portraits de familles françaises, sans doute des commandes de particuliers à leur compatriote.

La famille de Monsieur Robin administrateur de district :

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Arlette et Jacqueline Bourgoin :

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Le jeune Guy Henry :

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25 avril 2009

19 Sa plus grande exposition (1930)

Sa plus grande exposition

À son retour en France , le titulaire du Prix d’Indochine fait une exposition des principales œuvres dont il conserve l’entière possession.

Le 25 octobre 1930, le sous-secrétaire d’État aux Beaux-Arts, Eugène Lautier, inaugure, à l’Office Privé des Colonies Françaises, ce qui est sans doute l’exposition la plus importante de la carrière de Raymond VIRAC.

En fait le peintre expose, seul, plus de 60 œuvres retraçant son périple de deux ans en Indochine : les portraits de la population de différentes régions, l’habitat, les petits métiers… figurent au catalogue de l’exposition présentée sous l’intitulé « FIGURES TONKINOISES ». Sont représentés les Thaï blancs, les Thaï rouges et les Thaï noirs qui doivent leur nom à la couleur de leurs vêtements, les Nung, les Méo blancs, noirs, rouges ou à fleurs, comme en témoigne le catalogue de l’exposition.

La presse en fait l’éloge :

« Raymond Virac a rapporté de ses deux années passées en Indochine une ample moisson de tableaux, de peintures, de fresques, d’aquarelles et de dessins. La primeur est réservée au Gouvernement de l’Indochine ; mais il suffit, pour le moment, d’avoir sous les yeux tous ces dessins qui ne sont pas seulement l’œuvre d’un artiste de talent mais d’un observateur singulièrement aigu et pénétrant. » 26/10/1930

« Le pinceau du jeune maître a su fixer, avec un art subtil et pénétrant, les traits les plus caractéristiques des êtres et des du Pays d’Annam. » 10/11/1930

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L’État achètera la toile « La femme en vert » qui figure au catalogue de cette exposition et qui est actuellement aux Beaux-Arts de Paris.

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Femme Meo

Catalogue de l'exposition

  • 1– Femme Méo Noir, Haut Tonkin

  • 2– Jeune fille Thô, Haut Tonkin

  • 3– Jeune fille Thô, Haut Tonkin

  • 4– Jeune fille Nung, Haut Tonkin

  • 5– Jeune fille Thaï, Haut Tonkin

  • 6– Jeune fille Nung, Haut Tonkin

  • 7– Femme Méo Noir, Haut Tonkin

  • 8– Femme Nan–Coo, Haut Tonkin

  • 9– Costume Thô

  • 10– Rue de Nan–Dinh

  • 11– Hongaï

  • 12– Pagode du Grand Bouddha, Hanoï

  • 13– Barques sur la rivière

  • 14– Femmes lavant leurs nattes

  • 15– Coolie

  • 16–

  • 17– Diseur de bonne aventure

  • 18– Pagode de Thaï Dinh

  • 19– Cour de la Pagode

  • 20– Pagode de Thaï Dinh

  • 21– Femme Tonkinoise

  • 22– Thi–Tû

  • 23– Thi–Nam

  • 24– Vieille Tonkinoise

  • 25– Phat–Diem

  • 26– Cour de ferme au Tonkin

  • 27– Cour de ferme (aquarelle)

  • 28– Coolie

  • 29– Le devin

  • 30– Cochinchinoise

  • 31– Femme en vert

  • 32– La becquée

  • 33– Pêcheur

  • 34– Sampans

  • 35– La dentellière tonkinoise

  • 36– Fonctionnaire annamite

  • 37– Fonctionnaire annamite

  • 38– Cochinchinoise

  • 39– Jeune guerrier Moï

  • 40– Cheek jeune Moï

  • 41– Guerrier Moï

  • 42– Epicier chinois

  • 43– Un lettré

  • 44– Pagode aux environs d’Hanoï

  • 45– Pagode Hongh Tieh

  • 46– Enterrement annamite

  • 47– Abords d’un village

  • 48– Le lettré de la Pagode du Pinceau

  • 49– Do Son

  • 50– Baie d’Along : pêcheurs

  • 51– Guerrier Moï

  • 52– Chinois

  • 53– Cochinchinoise

  • 54– Marchande de bananes

  • 55– Marchande de bananes

  • 56– Fillette cochinchinoise

  • 57– Le cornac

  • 58– Moï

  • 59– Doï Djarabi

  • 60– Cochinchinoise

  • 61– Le Cap Saint–Jacques

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Femme cochinchinoise

Raymond Virac va revivre une expérience semblable et choisir de faire connaître les ethnies de Madagascar où il séjournera après l’obtention du Prix de Madagascar en 1936, mais il ne connaîtra pas le bonheur d’une exposition comme «  Figures Tonkinoises » puisqu’il mourra à Tamatave sans revoir la France.

Sources : « La Dépêche Coloniale »

(c) Tous droits de reproduction réservés

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27 février 2009

18 Expositions

Expositions

Outre ses contributions à diverses expositions coloniales et internationales Raymond Virac a exposé souvent ; voici une liste des expositions dont nous avons pu retrouver la trace dans la presse de l’époque :

  • 1919 Participation à l’Exposition organisée par le Comité National d’Éducation Physique et Sportive sur le thème de la victoire.

  • 1920 Exposition Annuelle des Beaux Arts, au Grand Palais des Champs Elysées sur le thème de l’art féminin. Il expose entre autre un trumeau intitulé
    « Toilette de Vénus ».

  • 1922 (août) : Exposition à Biarritz. « Paysages  du Pays Basque » à La Chaumière.

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  • 1922 (avril) : Exposition de Marines et d’Études du Pays Basque, Galerie Imberti, Cours de l’Intendance à Bordeaux.

  • de 1923 à 1927 : Expositions annuelles au Grand Casino de Saint Jean de Luz avec le groupe des « Neuf » : Arrue, Bergès, Choquet, Colin, Godbarge, Labrousse, Masson, Ribera, Virac, tous peintres luziens.

    C
    es artistes renouvellent leurs toiles au fur et à mesure des ventes.

    Événement vu par la presse :

    « Opinion unanime : Expositions picturales particulières, très sélectionnées et d’une excellente tenue. » La Gazette, juillet 1923

    «  Au Grand Casino de Saint Jean de Luz vient de s’ouvrir une exposition artistique particulièrement intéressante, celle des peintres luziens. La quantité est restreinte, répartie dans peu d’espace mais la qualité existe réellement. Vues de mer ou de montagne, profils de La Rhune, coins de Ciboure, villages, jardins, animaux sont vrais et bien traités. Les auteurs méritent d’en être étudiés car, tous épris du même amour pour leur beau Pays Basque, ils savent tous l’évoquer, chacun avec sa griffe particulière, avec sa sensibilité, avec son esthétique personnelle. » L’Echo de la Côte Basque, juillet 1923

  • 1923 (mai) : Exposition des Beaux Arts au Salon des Artistes Tourangeaux. Raymond Virac y présente entre autres des toiles telle « l’Eglise de Saint Julien », «  La baie de Socoa » et des portraits au fusain comme «  Portrait de Madame B. ». On pouvait aussi  découvrir un panneau décoratif intitulé « La danse sous l’arbre » et un trumeau de coiffeuse «  La toilette de Psyché ».

  • 1926 : Exposition d’Art Moderne Régional au Musée Basque de Bayonne : « Georges Masson et Raymond Virac » avec entre autres « Fontarabie », « Le parvis de Ciboure », « Attelage au Pays Basque », « La procession » et « Jardins du Generalife ».

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Jardins du Generalife
Grenade
Raymond Virac (c)

    • 1930 : Exposition à l’Office Privé des Colonies Françaises avec notamment « Figures Tonkinoises » et « Portrait de jeune fille Thô ».

    • 1930 : Exposition à l’Office National de l’Indochine.
      On y expose des travaux exécutés par les artistes titulaires du Prix d’Indochine, au siège du Gouvernement Général d’Indochine.
      C’est là que Raymond Virac exposera ce qu’on appelait alors des études de types indigènes ; à ses côtés exposaient également Ferdinand Olivier 1er prix d’Indochine en 1910, Charles Fouqueray prix 1914, Antoine Ponchin 1922, Jean Bouchard 1924 et Henri Dabadie 1928, Raymond Virac ayant lui reçu ce prix en 1927.
      À noter que c’est la première exposition itinérante que l’on pourra voir par la suite dans plusieurs grandes villes de la métropole.

    Sources : article du journal « Le Temps » page 4, 6/12/1930


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    28 décembre 2008

    17 Ciboure et "Les Neuf"

    Au début du XXe siècle le Pays Basque devient très à la mode et attire rois, hommes politiques, banquiers, artistes, grâce à son climat, ses bains de mer et ses traditions. C’est à ce moment-là que Ciboure voit affluer un grand nombre de peintres sans doute parce que l’endroit demeure un village de pêcheurs et donc un ancrage dans la culture locale populaire et la tradition maritime ; sans doute aussi parce que s’y trouve déjà le peintre Gustave Colin qui, natif d’Arras, a épousé une fille du pays et consacre l’essentiel de son œuvre à la région. Le foyer des activités se concentre essentiellement tout au long de la rue Pocalette et de nombreux artistes séjournent à la pension Anchochury, située Quai Maurice Ravel, pension qui depuis a cessé son commerce.

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    Rue Pocalette                         Raymond Virac
    carte postale ancienne                   maison familiale      

    Pourquoi les Neuf ?

    La création par José Arrue et Ignacio Zuloaga, entre autres, à Bilbao, cœur artistique du Pays Basque espagnol, de AAV (Asociación de Artistas Vascos) pour promouvoir la peinture basque donne des idées de ce côté des Pyrénées. Ainsi naît un groupe de neuf artistes prêts à réunir leurs talents et leur énergie pour peindre, chacun avec sa sensibilité, des œuvres résolument régionalistes.

    Par ordre alphabétique on y trouve :   

    Arrue Ramiro
    Choquet René
    Colin Charles
    Domergue Jean–Charles
    Godbarge Henri
    Labrouche Pierre
    Masson Georges
    Ribera Perico
    Virac Raymond

    On ne peut pas vraiment parler de mouvement artistique basque mais chacun de ces artistes contribuera, à sa façon, à promouvoir la peinture régionaliste basque. Ramiro Arrue domine incontestablement le groupe de par ses origines et sa profonde connaissance de la culture basque ainsi que Perico Ribera, espagnol d’origine et infatigable voyageur qui s’installe définitivement à Ciboure en 1930.

    Plus étonnante est la présence dans le groupe de Henri Godbarge, architecte de formation, un des plus recherché sur la Côte Basque dans la période de l’entre deux guerres.

    Le benjamin du groupe, Raymond Virac est lui aussi attaché à Ciboure par son mariage ; il exposera avec les Neuf mais aussi au Musée Basque de Bayonne avec Masson.



    Virac_StJean
    Raymond Virac
    St Jean de Luz
    depuis le quai de Ciboure

    source : « Un siècle de peinture au Pays Basque » 1850/1950 ; Alexandre Hurel, Michel Jaureguiberry. Editions Pimientos.

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    03 novembre 2008

    16 La vie quotidienne des paysans indochinois

    La vie quotidienne des paysans indochinois

    C’est le mélange eau et boue qui caractérise les plaines indochinoises ; il couvre de vase les gens qui récoltent les salades d’eau, les hommes et les buffles qui travaillent dans les rizières.

    C’est sans doute la rizière qui symbolise le mieux l’alliance de l’homme et de l’eau. Il en existe deux types : celles qui ne sont inondées naturellement qu’à la saison des pluies et celle qui doivent être inondées par les hommes grâce à des norias par exemple.

    Certaines peuvent donner deux récoltes par an et produisent des riz dits des 5e et 10e mois mais elles demandent obligatoirement un repiquage. Le buffle est l’animal des rizières par excellence, « lui seul est capable de vivre les pieds dans la vase et dans l’eau des rizières pendant des semaines entières, tandis que le soleil darde ses rayons brûlants sur sa grosse tête et son énorme corps couvert de poils rares. » Lanessan. L’Indochine en possède plus d’un million à la fin du XIXe siècle. Le riz travaillé pendant 5 ou 6 mois doit être décortiqué, vanné et blanchi après la récolte. La paille de riz et la fibre de bambou sont les constituants du torchis ou des couvertures de toits des maisons sur pilotis dans les zones inondables.

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        Raymond Virac                   Raymond Virac (c) RMN

    La vie des paysans indochinois, Raymond Virac va l’étudier et en rendre compte grâce aux découvertes qu’il fera pendant son périple à travers le pays. La presse nous permet de suivre sa trace et ainsi nous savons qu’après Saïgon il a visité Hué et est allé ensuite jusqu’à Phan Thiet où son beau frère était alors trésorier-payeur.

    Impartial_1927

    Mais ce sont sans nul doute les portraits qu’il a laissés qui révèlent le mieux le lien qu’il a tissé avec l’Indochine et ses habitants.

    Ici une femme du peuple des Thôs qui vivent dans les montagnes dans des maisons de torchis et viennent en voisins au marché de Kompong Chlnang. Sur les marchés de Kilua, on trouve en grande quantité des cotonnades bleues tissées et peintes par les Thôs.

    Virac_Portrait_femme
    Raymond Virac

    Il peint aussi les Moïs de Cochinchine ou Méos, des Mhongs qui sont des grands défricheurs de montagnes dans la province de Nam au Nord-Ouest du pays. Le père Guignards des Missions Étrangères les présentent ainsi : « Les Méos sont originaires de Chine… Les femmes sont coiffées d’énormes turbans gris et portent avec un tablier, une jupe de grosse toile blanche, plissée et courte. Leur buste est recouvert d’un habit à col marin brodé. »

    Il existe les Mhongs Rouges sur le plateau de Sin Chai et les vallées voisines et les Mhongs Noirs autour du village de Lao Chai ; leurs cultures sont en terrasses et leurs chaumières sur pilotis bas et à toiture à pans coupés.

    « Ils ont une agriculture très riche (porcs, bœufs, arbres fruitiers, pêchers notamment) malheureusement les Méos fument l’opium et ce défaut les ruine et rend inutile la richesse de leur agriculture. »

    Virac_Femme_Thai
    R. Virac

    On trouve aussi dans l’œuvre de Raymond Virac des représentations des ethnies des Thaïs ou Tay qui habitent dans des huttes en bambou ou des maisons sur pilotis au toit de chaume dans la région de Phong Tho, petite bourgade, ancienne préfecture des Thais Blancs. Ils vivent de la pêche, de la culture du riz et du maïs. Les femmes sont coiffées de chapeaux coniques, vêtues de pantalons noirs et  de tuniques courtes bleues ou violettes. Il y a les Thaïs Blancs qui cultivent le riz et les Thaïs Noirs dont les femmes réalisent toutes sortes de tissages. Elles portent une longue jupe noire, droite et serrée, un corsage fermé par des boutons en argent et une grande bande de tissu enroulée sous la poitrine.

    Sources : « Quand les français découvraient l’Indochine » Charles Daney 1981

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    23 août 2008

    15 L’école des Beaux-Arts de Hanoï et le prix d’Indochine

    L’école des Beaux-Arts de Hanoï et le prix d’Indochine

    La peinture moderne vietnamienne se développe avec la création de l’École des Beaux-Arts d’Hanoï par la France en 1925.

    De nombreux peintres français arrivent en Indochine dés la fin du XIXe siècle ; ils ont pour mission de faire connaître la culture française au Vietnam et aussi de faire découvrir aux français de métropole la lointaine Indochine.

    En 1910 le gouvernement français systématise la venue des peintres français avec la création du Prix d’Indochine. Dans un premier temps il offre une bourse de voyage et une gratuité de voyage aller/retour . A partir de 1926 le boursier doit partir deux années consécutives : la première est consacrée au voyage d’études dans la colonie et pour cela il reçoit 400 piastres par mois* ; la deuxième année, il a une obligation d’enseigner à l’École des Beaux-Arts du pays.

    Le premier lauréat sera Ferdinand Olivier en 1910.


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    Angkor Vat par Ferdinand Olivier


    Raymond Virac obtient ce prix en 1927 et il devient alors professeur aux Beaux-Arts d’Hanoï. Les cours y sont organisés sur le modèle des cours de l’École Nationale Supérieure des Beaux-Arts de Paris avec pour mission d’associer les traditions vietnamiennes et l’art occidental.

    Raymond Virac, comme un certain nombre de ces artistes, participera à la vie culturelle de cette colonie : expositions, décoration de nombreux bâtiments publics, commandes privées de tableaux…

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    Raymond Virac

    Les artistes ayant obtenu ce prix et ayant bénéficié d’une mission participeront aux côtés des artisans des Écoles d’Arts Appliqués de Cochinchine et des premiers élèves de l’École des Beaux-Arts d’Hanoï au Salon des Artistes Français d’Indochine à l’Exposition de 1931 à Paris. Ils seront installés au premier étage de la structure qui reconstitue le temple d’Angkor Vat réalisé par les architectes Blanche, père et fils.

    Raymond Virac, pour sa part, y exposera «  Le port de Saïgon », « L’enfant annamite », «  Femme du Tonkin », « Petite fille de Nam Dinh ».

    Il exécute deux commandes pour l’État : « Plaine indochinoise » et « La rizière », panneaux ensuite expédiés à Hanoï pour décorer un édifice public.

    * En 1925/27  1 piastre équivalait à peu près à 2,20 euros actuels.

    Source : « L’Indochine : un lieu d’échange culturel », Nadine André-Pallois

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